Ben & Antoine, trois associés pour une boulangerie de concours !
Publié le 15 juin 2026

À 54 ans, Christophe Soulatges a déjà eu deux vies dans la boulangerie artisanale. Successivement chef d’entreprise avec 15 salariés et 3 boutiques, il est aujourd’hui professeur en boulangerie au CFA Saint-Benoît de Poitiers. Passionné par la transmission de son métier, il a choisi depuis 20 ans de consacrer la seconde partie de sa carrière à l’enseignement.
« Mon père, issu d’une famille d’artisans, était un boulanger-pâtissier passionné par son métier avec le respect du produit. Quand mes copains étaient dehors à jouer au foot, je grattais des plaques et je roulais des couches dès mon plus jeune âge. Petit à petit, je me suis initié au toucher de la pâte et à ses subtilités », se souvient Christophe Soulatges.
Sans surprise, à l’âge de 15 ans, Christophe déclare à son père qu’il souhaite suivre ses traces dans la boulangerie familiale. C’est dans cette entreprise de l’Aveyron, située à Séverac-le-Château, qu’il entame son parcours en alternance avec le centre de formation de Rodez. Il obtient successivement un double CAP Boulangerie et Pâtisserie, suivi d’un Brevet de Maîtrise en Boulangerie, avant de faire son service militaire et de revenir au sein de l’entreprise de son père.
Une aide de la Région
De fil en aiguille, le boulanger finit par rependre en gérance l’entreprise et il ouvre même une seconde boulangerie à proximité. Mais c’est à La Canourgue (Lozère) que le projet prend une autre dimension avec la création d’un laboratoire de production de 400 m2 et l’aide financière de la Région. Celle-ci est conditionnée à la réouverture de la boulangerie de la commune fermée depuis 5 ans. « Très vite, l’effectif a atteint 15 salariés et pendant 14 ans, j’ai été patron de cette structure. Mais au fond de moi, l’enseignement m’a toujours passionné et mon épouse étant originaire de Poitiers, j’ai vu une place de vacataire en boulangerie au CFA de Saint-Benoît comme une opportunité et j’ai cédé tout simplement l’entreprise à mon frère pâtissier », se souvient Christophe Soulatges.
20 ans de formation
Pour le professeur en boulangerie depuis 20 ans et désormais titulaire, il n’existe pas de mauvais apprenti. Encore faut-il être attentif à la gestuelle, au respect que les jeunes portent au produit pour détecter ceux qui sont en difficulté et les encourager à modifier leur approche du métier. De la même façon, un contact régulier avec les entreprises maintient un lien essentiel.
« Nous faisons au moins trois visites en entreprise et je côtoie assez souvent les employeurs sur les concours, les salons et les
opérations portes ouvertes. Je suis référent au niveau national du Brevet de Maîtrise et je connais tous les patrons du département, une bonne partie de ceux du nord de la Nouvelle-Aquitaine et de la région de Tours », indique l’enseignant.
« À Saint-Benoît, les formations débutent par le CAP et le CS Tourier en une année, suivis par le Brevet Professionnel et le Brevet
de Maîtrise. Nous sommes sur 200 apprentis en boulangerie », indique le formateur. « Nous mettons en avant le travail du levain
et les grosses pièces, tout comme les variétés anciennes de blé. C’est une question de valeur ajoutée avec des techniques de travail qui permettent une meilleure conservation et garantissent un produit artisanal de grande qualité ».
Texte et photo : Frédéric Vielcanet
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