Inscription des « savoir-faire artisanaux et de la culture de la baguette de pain » au patrimoine culturel immatériel de l’humanité: Mission accomplie !

Inscription des « savoir-faire artisanaux et de la culture de la baguette de pain » au patrimoine culturel immatériel de l’humanité: Mission accomplie !

Dossiers
Publié le 21 décembre 2022

Après cinq années de persévérance, des milliers d’heures de travail, une mobilisation sans pareil, « les savoir-faire artisanaux et la culture de la baguette de pain » sont inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco. Une belle récompense pour les artisans boulangers-pâtissiers, la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française et son président Dominique Anract, initiateur et grand défenseur de ce dossier, et toute la filière blé-farine-pain. Mais au-delà de la reconnaissance mondiale d’un symbole gastronomique de la France apprécié de tous, cette inscription honore également un savoir-faire, une culture et une pratique sociale populaire dans la vie des Français.

 

Le 30 novembre 2022, le comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, réuni à Rabat, au Maroc, pour sa dix-septième session, a décidé d’inscrire « les savoir-faire artisanaux et la culture de la baguette de pain » sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Sitôt les résultats de la délibération connus, Dominique Anract, qui s’est rendu sur place pour défendre cette candidature et convaincre les États membres, a déclaré : « C’est une reconnaissance pour la communauté des artisans boulangers-pâtissiers et la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française. La baguette c’est de la farine, de l’eau, du sel, de la levure et le savoir-faire de l’artisan ».

Un travail collectif

Le succès de ce grand projet est le fruit d’un travail collectif. En effet, initié en 2017, les artisans boulangers-pâtissiers ont travaillé d’arrache-pied et avait obtenu une première victoire avec l’inscription, en 2018, de leur candidature à l’Inventaire national du patrimoine culturel immatériel par les experts du Comité du patrimoine ethnologique et immatériel (CPEI). Cette étape était un prérequis indispensable pour pouvoir se présenter auprès de l’Unesco. En mars 2021, la candidature avait été choisie pour être le dossier représentant la France auprès de l’Unesco. Un véritable honneur pour les artisans boulangers-pâtissiers quand on sait que les pays membres ne peuvent présenter qu’une candidature tous les deux ans. Depuis mars 2021, le dossier était en cours d’examen au sein de l’Unesco jusqu’à cette journée historique pour la boulangerie française.

Un ancrage culturel fort

Elle est la récompense d’une forte et belle mobilisation qui a permis de rendre un dossier complet salué par Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco. Assurément, les dimensions culturelles et populaires ont fortement pesé dans la balance. Plus qu’un aliment plébiscité, la baguette est aussi une pratique sociale qui rythme la vie des Français. Populaire et fédératrice, elle transcende les catégories sociales, les classes d’âges et les limites géographiques. Elle représente la transmission d’un savoir-faire, de traditions, de gestes ancestraux grâce à l’apprentissage, notion essentielle pour la pérennité de notre profession. Et puis, la baguette, ça fleure la France et ses territoires. Réparties sur tout le territoire, les boulangeries-pâtisseries contribuent significativement à la préservation des centres-villes et au dynamisme des territoires. Dans les zones rurales reculées, elles restent souvent le seul magasin ouvert, permettant de maintenir un véritable lien social reconnu et apprécié des Français puisque 85 % d’entre eux estiment qu’il est important d’avoir une boulangerie près de chez soi (enquête CGAD).

« La victoire de tous »

« Cette inscription au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, c’est avant tout la victoire de tous », insiste Dominique Anract, ravi de l’engouement qu’a su susciter ce projet. « Tout au long de ces 5 années de travail, les gens se sont littéralement emparés de cette belle aventure, nous ont suivis dans les commissions, les différents comités. Et c’est sans compter les très nombreux témoignages de soutiens que nous avons reçus à tous les niveaux, que ce soit des boulangers-pâtissiers, des personnalités politiques, artistiques ou intellectuelles, mais aussi et surtout du grand public. Son retentissement doit nous donner l’envie de continuer à faire du bon pain, pour susciter les vocations et pousser les consommateurs à continuer à privilégier nos boutiques. Tout ceci a une dimension aussi bien commerciale que culturelle, ce qui prouve que la baguette est vraiment un super produit ! »

Loïc Corroyer


Réaction

Emmanuel Macron : « Dans ces quelques centimètres, il y a exactement l’esprit du savoir-faire français ! »

Clin d’œil du destin, c’est lors de son discours devant la communauté française de Washington, à l’occasion du déplacement présidentiel aux États-Unis, qu’Emmanuel Macron a appris la nouvelle. Aussi ravi qu’ému, le Président a salué cette inscription, baguette de tradition Label rouge en main.

« C’est un moment très important, celui où la baguette a été reconnue patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco. Cela fait des années que l’on se bat, qu’à chaque cérémonie de la galette à l’Élysée, avec nos artisans boulangers-pâtissiers, on se bat pour qu’elle soit reconnue par l’Unesco, on a réussi. Enfin ! Dans ces quelques centimètres, il y a exactement l’esprit du savoir-faire français ! C’est-à-dire qu’il y a quelque chose d’inimitable. Cela paraît juste matériel, mais non [], cela a une valeur inestimable parce que derrière, ce sont des emplois sur le territoire, des rêves qu’on offre à nos enfants en montrant qu’on peut commencer tout au bas de l’échelle, mais avec des jours et des nuits, en apprenant ces savoir-faire qui sont passés de main en main et qui viennent du fin fond des siècles, on a un produit qui est inimitable. Beaucoup ont essayé de le faire, ils ont fait un truc industriel qui n’a pas de goût. Pourquoi est-ce qu’il a du goût, parce que personne n’a partagé le brevet, il se passe de main en main. Il y a cette french touch que l’on retrouve dans la baguette et dans d’autres secteurs, c’est-à-dire ce petit savoir-faire en plus et une part d’âme en plus », a salué le Président de la République.