Hauts-de-France. Rencontre Régionale de Saint-Saulve, une première réussie

Hauts-de-France. Rencontre Régionale de Saint-Saulve, une première réussie

Actualités
Publié le 25 septembre 2019

Ce sont les Hauts-de-France qui ont eu le privilège d’inaugurer le grand cycle des Rencontres Régionales. Cette première s’est déroulée au CFA de la CMA de Saint-Saulve (Nord) sous l’égide de Patrice Petiteaux, Président de la Région boulangère Hauts-de-France, aux côtés de Dominique Anract, Président de la CNBPF, et des Présidents départementaux Joël Fayard (Aisne), Philippe Bazin (Nord et Pas-de-Calais), Gilles Forret (Oise) également membre du Bureau de la CNBPF et excusé pour des raisons personnelles, et Alain Langlet (Somme).

Cette rencontre a réuni près de 70 participants qui ont pu découvrir et testé le dispositif interactif et participatif mis en place. ils se sont vite pris au jeu permettant des échanges ouverts et constructifs autour des sept thèmes choisis.

Le recrutement du personnel de vente

Actuellement, 7 000 postes sont à pourvoir, une problématique au fait de tous puisque 100% des artisans présents ont confirmé être informés de cette situation et que 91% d’entre eux ont avoué rencontrer des difficultés pour embaucher du personnel de vente. En revanche, ils ne sont que 82% à savoir que la Confédération a créé un kit afin de faciliter le recrutement. Quant aux causes de cette pénurie, les artisans y voient avant tout un problème de valorisation des postes, de salaire, de contraintes comme le travail le week-end, mais aussi de paresse, notamment face aux nouvelles générations. Concernant les solutions potentielles exprimées par le public, elles sont au nombre de quatre : « qualification, formation, image et montée en compétence. » Un constat qu’a résumé le Président Anract en cette formule : « Il va nous falloir redorer notre métier. »

Le croissant fait maison

« Il est urgent de réagir », a expliqué d’emblée Jean-Yves Chapuy sur ce dossier. « Nous devons nous distinguer de la concurrence et cultiver notre différence et nos savoir-faire face à l’industrie. » Parmi les boulangers présents, 65% fabriquent leurs croissants et 76% communiquent sur ce sujet auprès de leur clientèle. Ceci s’explique avant tout par le caractère symbolique de cette viennoiserie qui caractérise selon les artisans interrogés : « la tradition, le goût, le savoir-faire et le patrimoine culturel ».

La charte qualité

Autre sujet d’actualité, la mise en place de la future charte qualité qui doit promouvoir les produits fabriqués sur place. Les boulangers se sont montrés particulièrement ouvert à cette idée qui, pour eux, est synonyme de « fait maison, d’une meilleure qualité, de valorisation de l’artisanat », mais aussi « de confiance des consommateurs ». Quant aux engagements les plus importants à mettre en avant, figurent encore dans les réponses le fait maison et la qualité des produits auxquelles s’adjoint l’idée de circuit court. D’autre part, 86% des participants se sont dits favorables à un contrôle de l’application de la charte par un organisme indépendant et 88% estiment que la charte permettra de mieux satisfaire les besoins des clients.

Le sel dans le pain

L’immense majorité des artisans reconnaît que le sel est un véritable enjeu de santé publique (80%), ce qui explique que la réglementation limite l’apport de sel dans le pain à 18 g par kilo. Ils sont également parfaitement au fait de la recommandation de l’OMS (Organisation Mondiale de la santé) concernant la consommation quotidienne de sel qui doit être au maximum de 5 g. Si l’immense majorité respecte cette limitation à 18 g, beaucoup reconnaissent que ce n’est pas sans incidence sur le goût. « C’est difficile, mais faisable. Il faut y aller par transition », a expliqué le Président Anract.

La formation professionnelle

C’est là encore un sujet d’actualité alors que la loi sur l’apprentissage est sur les rails. À ce titre, 70% des artisans estiment que cette réforme « ne va pas dans le bon sens pour les entreprises » et 66% pensent « qu’elle n’est pas suffisante pour transformer l’apprentissage et le rendre plus attractif. » Des chiffres qui n’ont pas étonné Pierre-François Tallet, responsable formation à la CNBPF, qui constate que « les réformes vont trop vite sans qu’on en attende les effets. » Un sentiment partagé par Christian Martin, Président de la Commission économique, fiscale et sociale pour qui « les réformes sont faites pour l’industrie, mais pas pour les PME. »

Regain

Mis en place en 2016, Regain offrent une multitude de services aux boulangers comme un soutien juridique ou encore des missions d’expertise dans le cadre de cessions de commerce. Les participants étaient invités à proposer d’autres prestations. Parmi les idées émises, on notera « le partage d’expériences, l’appui face aux banques et l’aide à la lecture comptable. » Ces propositions ont été parfaitement entendues par les élus de la CNBPF. Daniel Seyer, Président de la Fédération de la Boulangerie du Grand Est a indiqué d’autres pistes actuellement à l’étude concernant le panel de services proposés par Regain comme « des services de tutorat pour les jeunes qui s’installent et les prêts d’honneur ».

Le dossier de l’UNESCO

Dernier sujet de cette première journée de rencontre, l’inscription des savoir-faire artisanaux et de la culture de la baguette de pain au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Sur ce sujet, 100% des participants ont estimé « qu’il est important de valoriser le savoir-faire des boulangers français et de le sauvegarder », d’où l’intérêt de cette inscription qui est ressentie comme « un symbole » et « une reconnaissance internationale ». En revanche, seuls 64% des artisans pensent que cette initiative aura un impact positif sur les consommateurs.

Après cet après-midi riche en débat et en idée, Dominique Anract a salué l’ensemble des acteurs de cette journée avant de conclure : « Nous avons tous les atouts pour réussir et un point faible : nous ne sommes pas assez unis. Aujourd’hui, nous venons vers vous pour que cette union retrouve de son panache. La Confédération, c’est vous ! »