Faire appel à un designer pour ré-enchanter son commerce de bouche

Faire appel à un designer pour ré-enchanter son commerce de bouche

Actualités
Publié le 8 septembre 2014

L’Institut Supérieur des Métiers a initié, en mars 2014, avec ses partenaires DGCIS, APCMA et UPA, le projet d’édition d’un ouvrage prospectif collectif sur les marchés et les innovations susceptibles de contribuer au développement des entreprises artisanales et du commerce de proximité à l’horizon 2020.
L’objectif du projet est la formalisation d’articles et de retours d’expériences de chefs d’entreprises sur les innovations déterminantes pour le développement de l’artisanat et du commerce de proximité. Un mois après la mise en ligne du blog du projet, une vingtaine d’articles sont déjà en ligne. Nous reproduisons à suivre l’article publié sur ce blog par le Pôle innovation de l’INBP. Retrouvez les autres articles sur https://blog.innovation-artisanat.fr/

Le design est une notion complexe pour laquelle il n’existe pas de définition unique et définitive. Puisant son origine dans la révolution industrielle, il permet de rationaliser la production et de fabriquer en série à partir de modèles répétables. Le design se réinvente à chaque époque, en suivant les évolutions, les cultures et les apports des designers du monde entier. L’Alliance Française des Designers le définit aujourd’hui comme “processus intellectuel créatif, pluridisciplinaire et humaniste qui apporte des solutions aux problématiques de tous les jours, petites et grandes, liées aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux.” Ses domaines d’application sont vastes : on distingue le design espace (aménagement de l’espace, architecture d’intérieur), le design graphique (communication visuelle) et le design produit (objets, aliments).

 

APPLICATION ET DÉPLOIEMENT DU DESIGN DANS LES MÉTIERS DE BOUCHE

Face à une demande souvent floue émanant d’un chef d’entreprise non formé à la discipline design, le designer doit être en capacité de formaliser une réponse qui donne à voir. Il utilisera pour cela le langage dessin (croquis, images 3D, maquettes papier, etc.).

Pour apporter une solution pertinente et innovante, le designer doit être capable de désapprendre ce qu’il sait et dépasser les archétypes. Le designer s’inscrit dans une dimension stratégique de l’entreprise, en pensant à tous les usagers (producteurs, personnel de vente, consommateurs).  On est loin de la perception simpliste du design réduite au style, à l’esthétisme ou encore à la mode !

Un designer accompagnera un boulangerâpâtissier dans son projet global de concept de magasin (embrassant gammes de produits, atelier de production et équipement, point de vente… dans une dynamique d’identité, de marque, de positionnement et de stratégie, d’après une charte définie), mais ne viendra pas changer l’ampoule, si stylisée soitâelle, du corner pain. Le designer peut aussi limiter son intervention au produit, mais pensé dans un ensemble. Il intégrera alors toute la problématique de production, auâdelà de l’aspect visuel et de l’esthétisme et s’attachera à la notion de reproductibilité en série.

Initialement associé aux arts appliqués, le design combine aujourd’hui non seulement culture générale, compétences techniques, créativité et sens de la forme, mais aussi une bonne maîtrise des contraintes économiques et du contexte social. Le designer a nécessairement reçu une formation spécialisée. En faisant appel à lui, le commerçant de bouche bénéficiera du savoir étendu de ce généraliste qui connaît les langages du graphiste, du marketeur, du communicant, de l’architecte commercial, et aussi de toute son expérience accumulée dans différents secteurs. Enfin le designer est un gestionnaire de projet qui sait mutualiser les compétences.

 

RECOMMANDATIONS AUX CHEFS D’ENTREPRISE

Entrer en collaboration avec un designer nécessite une bonne ouverture d’esprit, une capacité d’écoute, de remise en question et une aptitude au changement. Il faut être prêt à partager sa vision de l’avenir de l’entreprise, les succès et les éventuels échecs. Il faut se libérer du temps et évaluer son budget. Il est indispensable que le chef d’entreprise évalue ses besoins et l’enjeu d’une telle démarche.

Le designer sera là pour épauler l’artisan et lui permettre de clarifier son projet, mais encore fautâil qu’il y ait une intention de départ, indispensable pour amorcer la collaboration.

On se lance dans un projet en visant un résultat voire des résultats ; il convient de les identifier et de les quantifier en termes de compétitivité, croissance et rentabilité.

Le recours au design doit être pensé comme un investissement, plus qu’un coût. Les tarifs pratiqués sont variables, à l’image de toute profession libérale, à caractère intellectuel. Seul, un tarif ne signifie rien, d’où la nécessité d’élaborer un cahier des charges avec la définition des résultats attendus du projet.

Le chef d’entreprise trouvera un designer sur Internet, par exemple en consultant des annuaires de fédérations de designers. Le designer peut exercer en indépendant, en agence ou être designer intégré (c’estâàâdire salarié d’une entreprise). Il est également possible de faire appel à un apprenti designer en alternance en s’assurant que le secteur des métiers de bouche le motive. Rappelons que le design est une méthode qui peut se déployer en pratiques diverses. Une réunion préalable permettra d’exposer ses besoins et de s’assurer que le designer dispose des compétences requises pour réaliser le projet.

 

SUR LE TERRAIN : DES APPLICATIONS PRATIQUES

Depuis une dizaine d’années, des exemples de collaboration s’affichent dans la presse, dans les ouvrages ou sur Internet. Ils concernent souvent les produits en termes de contenus et contenants (déclinaison de monoâproduit tel que l’éclair, packaging maîtrisé, éco-conçu… ), mais aussi les points de vente (rapprochement du produit et du client à travers une disposition stratégique…), les modes de distribution (vente mobile en foodtruck…), les signatures sonores (à l’instar des grandes marques : trois notes de musique et tout un univers s’impose), l’appropriation d’un nouveau matériel (imprimante 3D en chocolaterie…), l’expérience utilisateur  (vitrine interactive), enfin des concepts globaux  (naissance de nouvelles enseignes, accompagnement et déclinaison de marques…).

 

LES AUTRES COLLABORATEURS EXTÉRIEURS AUX MÉTIERS DE BOUCHE

Outre le designer, il est d’autres acteurs, associés à l’innovation, déjà présents dans quelques maisons de renom : photographe culinaire pour illustrer un livre, un site ou des books de produits, graphiste pour établir et décliner l’image de l’entreprise, attaché de presse et communicant pour promouvoir l’entreprise, maître d’œuvre, architecte, pour créer ou rénover des locaux. L’imprimeur est, quant à lui, partenaire de longue date des TPE. Cette mutualisation de compétences se met au service de la croissance de l’entreprise.