Fonds de développement pour la Boulangerie Artisanale : 1ère édition de la Bourse Nutella
Publié le 1 octobre 2026

L’artisanat compte désormais davantage d’artisans pessimistes qu’optimistes pour l’avenir de leur entreprise : c’est le premier enseignement du baromètre de rentrée de CMA France. Derrière cette dégradation du moral des artisans qui restent attachés à leur métier, des réalités bien concrètes : une accumulation persistante de difficultés économiques et un contexte politique jugé instable.
Le moral des artisans se dégrade nettement. Selon le baromètre, 46 % d’entre eux se déclarent pessimistes quant à l’avenir de leur entreprise, contre 31 % d’optimistes. Un an plus tôt, en 2025, ces derniers représentaient encore 52 % des répondants.
Les difficultés économiques et l’inflation restent au cœur des préoccupations. Mais le contexte politique et les tensions internationales pèsent également de plus en plus lourd. Le contexte politique est cité par 39 % des artisans, soit une progression de 19 points en un an. Les tensions géopolitiques et commerciales sont, quant à elles, mentionnées par 28 % d’entre eux, en hausse de 16 points.
Cette inquiétude se répercute directement sur les perspectives des entreprises. Si 55 % des artisans restent confiants dans leur capacité à atteindre leurs objectifs financiers pour l’année, ce taux a chuté de 27 points par rapport à 2025. La confiance dans la capacité à investir dans les prochains mois recule encore davantage : seuls 29 % des répondants se disent confiants, soit une baisse de 37 points en un an.
Investissements et recrutements à l’arrêt
Cette perte de confiance limite les possibilités de développement. Les contraintes économiques accumulées fragilisent les équilibres des entreprises et les incitent à différer leurs projets. Le recrutement est particulièrement concerné : 74 % des artisans ne prévoient d’embaucher ni salarié ni apprenti dans les prochains mois.
Pour Joël Fourny, président de CMA France, ces résultats traduisent une difficulté croissante à se projeter : « Les artisans ne disent pas seulement qu’ils rencontrent davantage de difficultés aujourd’hui ; ils expriment surtout leur inquiétude croissante à se projeter dans des décisions qui engagent l’avenir : investir, développer leur activité, recruter ou former. » Il alerte également sur les conséquences à plus long terme pour les métiers artisanaux : « Que deviendront nos métiers s’ils ne peuvent être préservés et transmis ? »
La passion du métier résiste à la crise
Malgré cette conjoncture difficile, l’artisanat conserve un puissant ressort : l’attachement au métier. Ainsi, 85 % des artisans déclarent toujours ressentir la « flamme » pour leur activité. Par ailleurs, 73 % estiment que l’artisanat correspond pleinement à leurs aspirations professionnelles.
Pour Joël Fourny, la situation relève davantage d’une crise conjoncturelle que d’une crise de vocation. « Les artisans tiennent bon car ils continuent avant toute chose d’aimer profondément leur métier, d’y trouver du sens, et ne se voient pas en exercer un autre. La passion est toujours là, intacte », souligne-t-il.
L’enjeu consiste donc à permettre aux professionnels de poursuivre leur activité dans des conditions économiques viables, tout en assurant la transmission des savoir-faire aux nouvelles générations.
Un besoin de soutien concret
Face à ces difficultés, 64 % des artisans souhaitent davantage de soutien des pouvoirs publics. Leurs attentes portent notamment sur la préservation des équilibres économiques et sur des dispositifs opérationnels, capables de les aider à développer leur activité, à gagner en efficacité ou à s’adapter aux évolutions du marché.
Joël Fourny résume cette demande : « Quand près de deux artisans sur trois demandent davantage de soutien des pouvoirs publics, le message est clair : moins de complexité, moins d’instabilité et des réponses adaptées à leur réalité. Les artisans n’attendent pas de promesses, mais des solutions concrètes directement utilisables. »
Le réseau des Chambres de Métiers et de l’Artisanat entend répondre à cette attente par un accompagnement de proximité, sur mesure. Selon le baromètre, 93 % des artisans ayant bénéficié de cet accompagnement le reconnaissent comme utile.
L’apprentissage reste sous tension
La situation de l’apprentissage constitue un autre point de vigilance. CMA France salue plusieurs mesures : revalorisation de la majorité des niveaux de prise en charge (NPEC) pour les certifications de niveaux 3 et 4, maintien de l’aide au premier équipement pour ces niveaux, aide de 5 000 euros aux employeurs d’apprentis dans les entreprises de moins de 250 salariés formant à ces niveaux, et renforcement des exigences de qualité.
Mais ces avancées ne suffisent pas à rétablir l’équilibre économique des centres de formation. La revalorisation des NPEC ne compense ni les deux baisses successives intervenues depuis 2023 ni la hausse des coûts de formation. En outre, les effets favorables des nouveaux niveaux de prise en charge ne sont attendus qu’à la rentrée 2027.
Les effectifs du réseau des CMA devraient reculer de 7 % en 2026, après une baisse de 6 % en 2025. Sur les 20 principales formations, qui représentent 70 % des effectifs, seules deux sont actuellement à l’équilibre. Avec la pleine application des NPEC, elles seraient sept.
« L’apprentissage est un investissement pour l’avenir, je ne cesse de le dire, et aujourd’hui, cet avenir est clairement menacé, pour ne pas dire compromis », alerte Joël Fourny. Pour CMA France, l’enjeu est de préserver un outil essentiel à la formation, au recrutement et à la transmission des métiers artisanaux.
Loïc Corroyer

Le dernier baromètre de CMA France met en évidence une dégradation du moral des artisans.
(CRÉDIT PHOTO : CMA France)
Joël Fourny, président de CMA France

« La situation est préoccupante »
« Ce baromètre nous confirme ce message d’alerte que nous entendons sur le terrain et qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère. La situation est préoccupante, et certains se trouvent en grande difficulté. Dans leur grande majorité, les artisans n’ont pas perdu la foi dans leur métier, mais ils ont perdu confiance dans ses conditions d’exercice. C’est précisément là qu’il nous faut agir. Leur redonner de la visibilité, de la confiance et de la stabilité. Et notre responsabilité, c’est de ne laisser personne au bord du chemin. Encore faut-il qu’on nous en laisse les moyens ! »
L’image positive de l’artisanat, un atout majeur pour l’avenir
Si l’optimisme n’est pas de mise, il demeure quand même des raisons d’espérer. En effet, ce que met également en avant le baromètre de CMA France, c’est l’affection qu’ont les Français pour les entreprises artisanales. 93 % des Français ont une image positive de l’artisanat, témoignant ainsi de la confiance profonde qu’ils accordent à ces métiers qui incarnent pour eux des valeurs fortes : : l’indépendance, le sens du travail, la proximité, l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, mais aussi l’utilité sociale. Cette image positive de l’artisanat est assurément un atout majeur pour l’avenir et prouve que ses métiers répondent pleinement aux aspirations contemporaines.
Le chiffre :
31 %
En juin, seuls 31 % des artisans se déclaraient optimistes pour l’avenir de leur entreprise. C’est 21 points de moins qu’en 2025.
Publié le 1 octobre 2026
Publié le 15 septembre 2026
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