Crise énergétique : le temps des bonnes résolutions

Crise énergétique : le temps des bonnes résolutions

Actualités nationales
Publié le 16 janvier 2023

Sans fève ni couronne – tradition oblige – Dominique Anract, président de la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française, a conduit le 5 janvier dernier, au Palais de l’Élysée, une délégation composée de présidents des groupements professionnels, des lauréats des concours, des partenaires et de personnalités à l’occasion de la cérémonie de la galette de l’Épiphanie. Ce rendez-vous annuel est l’opportunité d’échanger avec le Président de la République sur l’actualité de la boulangerie-pâtisserie. Étaient également présents Olivier Dussopt, ministre du Travail, du Plein Emploi et de l’Insertion, Marc Fesnau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Rima Abdul Malak, ministre de la Culture, Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme et Carole Grandjean, ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels.

Unesco : « Cela a été une formidable victoire »

L’ensemble des acteurs présents s’est félicité de l’inscription des savoir-faire artisanaux et de la culture de la baguette de pain au patrimoine immatériel de l’Unesco, qui était représentée par d’une délégation d’ambassadeurs. « Lorsque nous avons lancé cette candidature en janvier 2018, vous avez immédiatement apporté votre soutien « plein et entier » à ce projet. Je tiens à vous remercier pour votre engagement puissant et indéfectible à chaque étape du dossier », a souligné Dominique Anract dans son discours. « Cette reconnaissance marque le lancement d’un plan de sauvegarde, décliné en actions dans différents domaines : formation, documentation, recherche, promotion, valorisation… Ce plan et les engagements pris ont pour but d’assurer la transmission des savoir-faire boulangers aux futures générations, qui représentent l’avenir de notre métier », a précisé le président de la CNBPF. « Le chemin a été long et exigeant, vous l’avez porté et je veux vraiment vous féliciter pour cela. Cela a été une formidable victoire », s’est réjoui le Président de la République.

Mais le sujet du moment était naturellement la crise de l’énergie. « Malgré ces motifs de réjouissance, je souhaite aussi partager avec vous l’inquiétude de la plupart de mes collègues boulangers-pâtissiers. La conjoncture difficile qui frappe de plein fouet nos entreprises pourrait mettre en péril la pérennité de certaines d’entre elles. Vous le savez, nous faisons actuellement face à la poursuite de la hausse du coût de nos matières premières, doublée de tensions liées aux approvisionnements sur certaines d’entre elles, la hausse des coûts de transport, des emballages, des loyers, les modifications imprévisibles de nos contrats d’énergie et les hausses difficilement tenables des coûts du gaz et de l’électricité », a rappelé Dominique Anract.

Électricité : un prix de référence de 280 €/MWh

Face à ce constat, Emmanuel Macron ne s’est pas montré très optimiste, annonçant qu’ « on n’est sans doute pas encore au pic de cette inflation et le premier semestre va encore nous mettre sous pression… Mais il faut que ces hausses soient raisonnables, qu’elles puissent être absorbées par chacun et qu’elles ne viennent pas conduire, en quelque sorte, à mettre à terre des commerces, des structures, qu’elles soient artisanales ou plus industrielles. »

Estimant à 600 000 le nombre de petites entreprises touchées par les hausses des prix des énergies, et plus particulièrement de l’électricité – dont les 2/3 seraient confrontées à des problèmes de contrat – le Président de la République a annoncé une nouvelle mesure en faveur des entreprises de moins de 10 salariés, en plus de l’amortisseur électricité et du guichet. Ainsi, les énergéticiens qui auraient imposé à leurs clients des contrats d’énergie abusifs, sont dans l’obligation de les renégocier, et ceci dès ce mois de janvier, et de rétablir le prix de référence défini fin 2022 par la Commission de régulation de l’énergie, soit un maximum de 280 € du mégawatt/heure. « On va le faire pour les artisans que vous êtes, les boulangers, mais pour nos bouchers, pour nos artisans, pour l’ensemble de notre très petite entreprise, tous ceux qui ont négocié des contrats excessifs… Aujourd’hui, je vois des contrats parfois à 350 ou 400 €, j’en vois même à 500-600 €. Ce qu’on va demander dès maintenant aux fournisseurs d’énergie, c’est de revenir vers chacun de ces artisans, chacune de ces TPE, et de les renégocier pour les remettre dans le lit de rivière, si je puis dire », a insisté le Président de la République, voulant se montrer rassurant en cette période d’incertitude : « On va être là, on prendra 40 % de la hausse et donc vous aurez une hausse, c’est sûr, mais on va tout faire pour qu’elle soit raisonnable. »

Priorité à la réforme des lycées professionnels

Au sujet de la formation, le Président de la République s’est félicité du succès de la réforme de l’apprentissage qui a permis d’amener plus de 700 000 jeunes dans cette voie en 2022. Il a annoncé le maintien en 2023 des aides exceptionnelles aux recrutements d’apprentis et l’absence de reste à charge pour les entreprises embauchant un apprenti mineur en BAC Pro ou en CAP. « Nous allons compléter ces réformes et cette stabilité qu’on donne à la voie de l’apprentissage par une réforme de la voie professionnelle et de nos lycées professionnels à laquelle nous nous sommes engagés et qui, pour moi, est une des priorités de cette année », a également précisé Emmanuel Macron.

Avant de se plier à la traditionnelle découpe de la galette de l’Épiphanie, le Président de la République a conclu son allocution par ces mots : « Nous traversons un moment difficile. Mais si nous savons être responsables, solidaires et un peu organisés, nous le surmonterons ! »

Loïc Corroyer